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Extrait de Libertalia
Sur les flancs du Nagasaki, des portes s’étaient
ouvertes. Trois caravelles sortirent des cales.
- Quelle taille ont ces vaisseaux ? demanda Marine. - Une quinzaine de mètres. Leur tonnage est similaire à celui des drakkars ou des marsouins. Ce sont des engins d’attaque efficaces. Des fantassins quittèrent à leur tour les soutes et se répandirent sur la coque blanche du Nagasaki. Ils portaient des combinaisons argentées. Les casques étaient argentés aussi, surmontés d’une paire d’ailes immaculées. Ils marchèrent sur la coque et s’éparpillèrent sur toute sa surface. Tige les montra du doigt. - Ce sont des chevaliers d’O, de redoutables combattants au corps à corps. Ils sont équipés d’armes blanches irradiantes qui percent les boucliers. Marine connaissait les légionnaires de l’Empire, qui transitaient en nombre par Station Cézembre, mais n’avait jamais vu de soldats de la Royale. - Et là ? Des êtres inquiétants quittaient la soute du Nagasaki. Marine agrandit l’image sur l’écran de contrôle. Ils étaient très maigres, blancs. Ils ressemblaient à des spectres. Ils s’alignèrent sur le toit du vaisseau. - Des Archanges. Ils disposent d’arcs à visée neuronale et de flèches radioactives. Les boucliers persos ont du mal à stopper ce genre de projectile et les Archanges visent mieux que bon nombre de robots de défense. Ils anticipent les trajectoires d’évitement de l’adversaire. - C’est dangereux pour les nôtres. - Nous avons fait le plein d’énergie sur Porto Bello. Les frères Siam et Monster disposent de boucliers renforcés, les marsouins aussi. L’emploi des boucliers renforcés est une tactique standard en cas de combat contre la Royale. Le danger, c’est d’être pris par surprise sans avoir eu le temps de les préparer. J’ai vu des centaines de matelots fauchés en quelques minutes par un peloton d’Archanges. Razor veut montrer sa puissance mais il me semble trop confiant. Au-delà du Nagasaki, les préparatifs allaient bon train aussi. Des marsouins trafiqués, aux moteurs surpressés, sortaient des soutes de la Rascasse. Des hommes et des Xénos aux combinaisons bariolées et richement ornées avaient pris place sur la coque du vaisseau, côté poupe. L’Epaulard rattrapa le Nagasaki – qui ne cherchait pas vraiment à l’éviter – et entama une manœuvre pour attaquer par le travers, tribord pirate contre bâbord royal. La Rascasse, elle, fonçait droit sur sa cible. Le Nagasaki ouvrit le feu. Langues roses, lasers rouges, tracés blancs des missiles conventionnels. L’Epaulard répliqua deux secondes plus tard. Les canons de la Rascasse entrèrent à leur tour dans la bataille. Les boucliers grésillèrent, scintillèrent au rythme des impacts. |
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