Introduction
Depuis l’Antiquité, des
pirates hantent les mers du Globe, et ils sont encore bien présents
aujourd’hui. La piraterie semble même en recrudescence, selon une étude
du Bureau maritime international de 2001 (lire Sous le pavillon noir,
Philippe Jacquin, Découvertes Gallimard).
Pour écrire le cycle d’Eden, je me suis penché avant tout sur les pirates et flibustiers de l’Atlantique
et des Caraïbes, qui ont perturbé les routes du commerce dit « triangulaire
» aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles. Ils ont engendré une véritable
mythologie et inspiré bon nombre de romans, films, et maintenant de
dessins animés, BD, jeux vidéo.
Qui ne connaît pas le drapeau noir, les îles tropicales mystérieuses, les abordages,
les mines patibulaires de ces aventuriers ? Ces clichés ont d’ailleurs parfois déformé la
réalité historique : les pirates n’étaient pas tous cruels, pas plus qu’ils
n’étaient forcément gentilshommes. Ils provenaient d’horizons très divers
et n’arboraient pas systématiquement le drapeau à tête de mort. Mais
tous avaient la fibre aventurière, et rejetaient un ancien régime devenu
pour eux insupportable.
Définitions
Le vocabulaire peut prêter à confusion :
Les pirates
Hors-la-loi, ils attaquaient et pillaient des navires
sans tenir compte de leur nationalité, et pour leur propre compte. Le
terme « forban » peut être considéré comme synonyme.
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Les flibustiers
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les flibustiers étaient de « libres faiseurs
de butins » (c’est la signification du mot hollandais « vrijbuiter »
qui a donné « flibustier »). Ils disposaient d’une lettre de marque
en général limitée au secteur des Caraïbes, qui leur permettait d’attaquer
et piller les bateaux ennemis, pour leur propre compte.
Les corsaires
Ces particuliers étaient commissionnés par une lettre de marque, qui
les autorisait à courser et piller des navires ennemis, en théorie pour
le compte de leur pays. Ils étaient reconnus comme
force militaire auxiliaire. Certains corsaires abusaient des ces prérogatives
pour perpétrer en réalité des actes de piraterie.
Les boucaniers
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Ils n’étaient pas des marins mais vivaient sur des îles des Caraïbes, souvent
en contact avec les Indiens, où ils chassaient et fumaient le gibier
(d’où leur nom) pour le vendre. Ils proposaient à l’occasion leurs services
aux pirates ou corsaires.
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Du Nouveau Monde à Carthagène
Pour que des pirates apparaissent, il faut avant tout une richesse convoitée.
A l’origine de la piraterie, il y a l’or.
A l’époque des
Grandes Découvertes,
les voyages se multiplient entre les Amériques, où l’on a découvert des
matières précieuses, et l’Europe. Après le premier voyage de Christophe
Colomb en 1492 et la découverte du Nouveau Monde, de nombreuses expéditions
sont organisées au XVe siècle. Des galions lourds, difficiles à manoeuvrer,
chargés d’or, sillonnent les mers : il est tentant de tenter de se les
approprier.
La navigation est difficile, la mer effraie : seuls de solides aventuriers
vont tenter l’aventure. D’autant que la situation en Europe est difficile
pour bon nombre de sujets. C’est l’époque des
guerres
de religion et des grandes répressions.
Chez les pirates, on trouve donc des individus
de toutes les nationalités attirés par l’or et l’aventure, d’autres voulant
échapper aux purges politiques ou religieuses, ou chassés par la pauvreté.
On rencontre aussi, aux XVIe et XVIIe siècles, des esclaves évadés, des
matelots mutinés, des corsaires ayant décidé de trahir leur employeur.
C’est un mélange étrange, bruyant, coloré.
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Au début du XVIIe siècle, les pirates s’organisent dans les Caraïbes,
autour des Antilles. Ils prennent vite de l’ampleur, lancent même des
expéditions contre des villes coloniales et implantent des bases autonomes
telles que l’Ile de la Tortue.
Les Frères de la Côte mettent en place des codes réglementant le partage
des butins, les sanctions en cas de faute, les indemnités en cas de blessure.
Les pirates et flibustiers nouent des contacts avec les Indiens, connaissent parfaitement
les vents et courants des Caraïbes. Pour compenser la dureté de la vie en mer et
le stress des combats, ils organisent nombre de festins et réjouissances.
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Profitant des rivalités entre puissances maritimes, ils désorganisent
peu à peu les routes commerciales.
La fin du XVIe siècle et le XVIIe siècle correspondent à l’âge d’or de
la flibuste, qui débouche sur
le sac de Carthagène
en 1697, auquel prennent part, côte à côte, corsaires, flibustiers et
boucaniers.
On peut considérer que cet événement sonne en réalité le glas de la piraterie.
A Carthagène, les corsaires et flibustiers ont prouvé aux puissances européennes
qu’ils pouvaient être utiles à condition d’être bien contrôlés. Ces états
décident donc de miser sur leurs corsaires et n’ont de cesse au XVIIIe
siècle de pourchasser les derniers pirates. Leurs galions deviennent en
parallèle de véritables forteresses flottantes, difficiles à aborder.
Pirates, flibustiers et corsaires célèbres
Voici quelques noms de pirates et flibustiers entrés dans l’histoire :
- John Hawkins
- Sir Francis Drake
- John Avery (dit Long Ben)
- Bartholomew Roberts
- Edward Teach (dit Barbe-Noire)
- John Rackham (dit Calico Jack)
- William Kidd
- Edward Low
- Howell Davis
- Henry Morgan
- Manfield
- John Evans
- Thomas Condent.
Des pirates français :
- Jean-David Nau (dit l’Olonnais)
- le « général » de Grammont
- Olivier Levasseur (dit La Buse)
- Pierre Legrand.
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Deux femmes pirates se sont particulièrement illustrées :
- Mary Read
- Anne Bonny.
Quelques corsaires célèbres :
- Robert Surcouf
- Jean Bart
- René Duguay-Trouin
- Jacques Cassard.
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